Elle conçoit des projets de lignes (Stripe Paintings, 1967-1973) et d’ondulations (Curve Paintings, 1974-1980), mêlant sur ses toiles des couleurs pures et des gris colorés (Cataract, 1967). À partir de 1979, Bridget Riley utilise les couleurs qui lui restent en mémoire après un voyage en Égypte pour une suite de peintures — son œuvre s’avère très musicale —constituée de rayures verticales, c’est répétitif ou plutôt sériel: Winter Palace, 1979-1980. En 1986, elle introduit des diagonales qui en viennent à rythmer différemment ses œuvres (Certain Day, 1989).
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For Gengi s’inscrit dans le tournant que prend l’oeuvre de Bridget Riley à partir des années 1980. L’artiste introduit la diagonale, qui diffracte la composition en losanges. La couleur qu’elle adopte depuis la fin des années 1960 crée une instabilité plus grande encore dans la perception de l’oeuvre. Marquée par un voyage réalisé en 1979 en Égypte, elle dit utiliser une palette égyptienne, en réalité dominée par des couleurs acidulées (turquoise, bleu, jaune, vert, noir et blanc). Privilégiant une facture lisse et déléguant son travail à des assistants, elle affirme un effacement volontaire. Très influencée par Proust, Riley donne à voir des oeuvres mouvantes et fugitives qui fonctionnent comme des souvenirs. Elle dit ainsi chercher à faire vivre au spectateur ce qu’elle appelle des « stabilités et instabilités, [des] certitudes et incertitudes ».